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vendredi 15 septembre 2017

Surface Mining


Exploration Software (free)

The following software packages are not endorsed by Mining Geology HQ but are free open-source software. High-quality work can be performed on these software packages which makes them ideal for the geologist on a shoe string-budget. After all, software is just a tool to convey your understanding, experience, and knowledge. The key is quality data, well-tested hypotheses, and sound interpretations.

Geoscience ANALYST - Developed by Mira Geoscience, this 3D visualization and communication software is for integrated, multi-disciplinary Earth models and data. Check out the video here.
QGIS - Open-source GIS software.
ParaViewGeo - Open-source visualization package created specifically for the exploration and mining industry.
DXF2XYZ - Software to convert a DXF file to an XYZ file, (i.e., a comma delimited text file containing just xyz coordinates). It is useful for extracting the raw XYZ coordinates from a DXF file containing contours or other elevation entities.
3D Viewer - Simple viewer for various 3D shape files (dxf, dwg, tin, 3ds).
GCDkit - Geochemical data toolkit for handling and re-calculating whole-rock analyses from igneous rocks. It is written in R, a language and environment for statistical computing and graphics.
Structural Geology programs - Below are hyperlinks to a variety of structural geology related software which integrate nicely with Google Earth. They are provided by Dr. Rick Allmendinger (Professor at Cornell): Stereonet 9, Faultkin 7, GeoMapDataExtractor, MohrPlotter, FaultForward v6, AreaErrorProp, plus additional utility software available from his website.

source : http://www.mininggeologyhq.com/mineral-exploration/

Open Cut Blasting


lundi 10 juillet 2017

L’industrie minière à la conquête de l’espace

Verra-t-on bientôt une colonie minière sur la Lune? Alléchée par la promesse de ressources extraterrestres inexploitées, l’industrie minière pourrait bien devenir le fer de lance de la conquête spatiale. Au risque de reproduire ailleurs les dérives qui existent déjà sur Terre.

«Quoi qu’en disent les journalistes ignorants ou de mauvaise foi qui voudraient y voir un sujet loufoque et hors de propos dans le contexte d’une campagne présidentielle, l’espace est pour moi le fer de lance de mon engagement politique.» Essayons donc de n’être ni ignorants ni de mauvaise foi, et envisageons sérieusement le programme de Jacques Cheminade. Souvent moqué pour son projet de conquête spatiale, le candidat trois fois malheureux à l’élection présidentielle veut «construire un village sur la Lune» pour en exploiter les ressources minières. Le satellite représente, d’après son programme, un «immense réservoir de produits intéressants (fer, titane, silicium, oxygène, de même que de l’eau)». «Tout particulièrement, ajoute-t-il, l’on y trouve de l’hélium 3, qui pourra devenir, associé au deutérium, une base pour produire de l’énergie par la fusion thermonucléaire contrôlée, à bas coût, sans pollution et en quantités pratiquement illimitées.»

Illustration du projet de « Village lunaire » de l’agence spatiale européenne. ESA/Foster + Partners

Ce projet n’a en fait rien d’utopique, au contraire. Les industries spatiales sont déjà sur le pied de guerre, notamment en Europe. En février 2016, Jan Wörner, le directeur général de l’Agence spatiale européenne, déclarait à l’AFP que le satellite «pourrait être un endroit intéressant» pour l’exploitation de ressources naturelles. Le Luxembourg venait alors de lancer une initiative destinée à inciter les entreprises à se lancer dans l’industrie minière extraterrestre – notamment dans les astéroïdes de la Lune. «Cela fait un moment que l’idée d’aller dans le système solaire pour réaliser des forages miniers est sur la table, a déclaré Jan Wörner. Jusqu’à présent, les coûts étaient trop élevés pour développer une activité commerciale» – mais ce ne sera bientôt plus le cas. Lui-même promeut l’idée d’un «village lunaire» multinational pour mener ces activités minières, dans les mêmes termes que Jacques Cheminade.

Finders-keepers, la ruée vers l’hélium 3

Un tel projet peut sembler paradoxal, voire dangereux, au moment où l’on commence à prendre conscience des dégâts qu’une exploitation illimitée des ressources cause à la Terre. Le Rio Doce, l’un des plus grands fleuves du Brésil, a ainsi connu une catastrophe écologique et humaine sans précédent en novembre 2015, lors de la rupture d’un barrage de rétention de déchets miniers de Samarco, une entreprise brésilienne d’exploitation du fer. Un torrent de boue contaminée s’est déversé dans le cours d’eau et sur un village proche, provoquant 17 morts humaines et l’asphyxie de la vie animale et végétale dans tout l’estuaire. Le Rio Doce est désormais surnommé le Rio Morto – littéralement, le “Fleuve Mort”. L’espace est a priori dépourvu de populations locales à spolier et de fleuves à polluer, mais les écosystèmes extraterrestres sont mal connues. L’impact d’une potentielle industrie minière sur eux semble aujourd’hui difficile à évaluer.
Et les législations qui encadrent ces programmes ne sont pas propres à nous rassurer. Le 25 novembre 2015, le président Obama a signé le projet de loi US Commercial Space Launch Competitiveness Act, rebaptisé «Space Act». Version spatiale de la politique finders-keepers, le coeur idéologique de la conquête de l’Ouest, cette loi autorise les entreprises américaines à s’emparer des ressources extraterrestres sur lesquelles elles mettraient la main sans autre forme de procès. Deux entreprises, notamment, se sont positionnés sur ce créneau : Planetary Resources, financée par les milliardaires américains Larry Page, Eric Schmidt et James Cameron, et Deep Space Industries, qui espèrent toutes deux exploiter les astéroïdes du système solaire. Ce qui soulève également la question de la compétition dans l’espace.
En évoquant dans son programme une “coopération internationale pour le développement mutuel et la paix”, Jacques Cheminade fait un voeu pieux. Lors de la conquête de l’Ouest, les Anglais se sont opposés aux Français dans les Grands Lacs, les Français aux Espagnols au Texas, les Espagnols aux Russes en Alaska. A la fin du XIXème siècle, l’Afrique a été écartelée entre les empires coloniaux Français, Britannique, Italien, Belge et Espagnol. Rien, aujourd’hui, ne permet d’indiquer que la colonisation spatiale rompra avec cette tradition.

Un premier pas vers la colonisation minière de la Lune dès 2017

Pourtant, la question semble lointaine : cela fait plus de 50 ans que la colonisation industrielle de l’espace inspire la science-fiction. On se souvient du «Total Recall», de Paul Verhoeven, qui montrait en 1990 une planète Mars colonisée et exploitée pour son sous-sol riche en turbinium, et administrée par un homme d’affaires despotique. Plus récemment, un film de SF, sobrement intitulé «Moon», a été présenté au festival de Sundance : des clones y sont envoyés sur la Lune pour y exploiter de l’hélium 3, au profit d’une société industrielle sans scrupules. Ces fictions ont leur part de caricature, et peuvent prêter à sourire. Mais la question a déjà quitté le domaine de la SF : les industries spatiales sont pressées.


Dans le film Total Recall l’exploitation du turbidium est devenue la plus grande activité commerciale sur Mars. Total Recall (1990)

La sonde chinoise Chang’e 5 doit prendre son envol depuis la base de Wenchang en décembre 2017. Le robot lunaire prélèvera deux kilos d’échantillons lunaires, qui seront ensuite rapatriés vers la Terre. Avec, là aussi, l’hélium 3 en ligne de mire. Selon le chercheur Ouyang Ziyuan, «[la Lune est] si riche en hélium 3 que cela pourrait régler les problèmes énergétiques de l’humanité pour au moins 10 000 ans». Pas si fou, Jacques Cheminade.

La SF ne se montre guère optimiste sur l’éthique d’une potentielle industrie minière dans l’espace, et l’histoire récente du secteur tend à lui donner raison. On évoque pour l’Afrique le concept de «malédiction des ressources naturelles» – le terme est du chercheur Richard Auty -, selon lequel le taux de croissance d’un pays serait inversement proportionnel à la part des exportations de matières premières dans le PIB. C’est le cas en Algérie, au Nigeria, au Congo, en Angola, où les ressources naturelles sont pillées par des industries étrangères exploitant les travailleurs locaux à moindres frais. Et ce, sans compter la corruption et les trafics illégaux. Selon une étude de l’Oxfam en 2013, les industries extractives font perdre chaque semaine à l’Afrique un milliard de dollars en flux financiers illicites en moyenne. Rien ne permet d’affirmer que d’hypothétiques colonies minières extraterrestre échapperaient à ce genre de pratiques.

 
Le 19 novembre 2015, une coulée de boue a enseveli le village de Bento Rodrigues suite à la rupture d’un barrage . Rogério Alves/TV Senado

Il paraît donc inenvisageable d’envoyer dans l’espace l’une des pires industries que l’humanité ait vu naître sans la doter d’une éthique au préalable, et rompre avec une longue tradition d’exploitation sans filtre des ressources et des travailleurs. Laissons le mot de la fin à Jacques Cheminade : «Fil conducteur d’une coopération internationale pour le développement mutuel et la paix, [l’exploration spatiale] est le stimulant le plus puissant de créativité et d’optimisme dans la recherche scientifique, l’éducation et la culture, et l’un des moteurs indispensables à l’agriculture, l’industrie et la médecine de demain.» Reste que pour l’instant, les projets d’exploitation de l’hélium 3 continuent de s’inscrire dans une compétition internationale.

source: http://lesarpenteurs.fr

samedi 15 avril 2017

GÉOLOGIE : histoire

La géologie s'est constituée en une science organisée avec une étonnante rapidité, au début du xixe siècle. Depuis lors, elle s'est progressivement développée, enrichie et diversifiée. Les historiens sont intrigués par cette brusque naissance, et par tout ce qui a précédé : pourquoi une si longue et laborieuse préparation ? Or, lors de sa grande éclosion, cette science a bouleversé les rapports entre l'homme et le monde, en révélant la durée prodigieuse des temps qui ont précédé l'humanité, et en ressuscitant les mondes vivants innombrables qui, avant elle, s'étaient succédé sur la surface de la Terre. Ce faisant, elle empiétait forcément sur le domaine des enseignements des Églises. Certains ont volontiers allégué que la géologie moderne était née d'une victoire de la raison sur l'obscurantisme religieux, favorisée en outre par la révolution industrielle. Mais à un examen objectif, les choses n'apparaissent pas aussi simples.

1.  L'Antiquité classique

Il n'a pas existé de « geôlogia » gréco-romaine. Le legs très influent des auteurs grecs et latins se limite à des domaines particuliers, principalement du ressort de la géodynamique. Ils ont ignoré toute étude du sous-sol rocheux (mais l'Italie et la Grèce, avec leur structure tectonique extrêmement complexe, ne s'y prêtaient pas). Leurs explications des volcans et des tremblements de terre sont naïves ; elles seront cependant très souvent reprises.
Parmi les écoles de pensée grecques, celle d'Aristote a joué par la suite un rôle capital. Celui-ci expose dans les Météorologiques (ive s. av. J.-C.) comment, selon un rythme extrêmement lent à l'échelle humaine, la mer prend tranquillement la place de la terre et vice versa, au long d'une durée infinie. Le poète latin Ovide (43 av. J.-C.-17 apr. J.-C.) développe cette idée des mutations de la géographie dans des vers célèbres des Métamorphoses, où il fait parler Pythagore. De très nombreux auteurs modernes citeront ces vers, jusqu'en plein xixe siècle, et notamment ces mots, résumant le meilleur de la géologie antique : « ... Vidi... factas ex aequore terras. [Et procul a pelago conchae jacuere marinae... [Quodque fuit campus, vallem decursus aquarum [Fecit et eluvie mons est deductus in aequor. » (« ... J'ai vu... des terres faites à la place de la mer, et loin de la haute mer des coquilles gisantes... D'une campagne cultivée le dévalement des eaux a fait une vallée, et par le délavement la montagne est descendue dans la mer. »)
Un siècle avant Aristote, Hérodote écrit des pages remarquables sur les atterrissements fluviaux. Entre autres affirmations, l'Égypte est un ancien golfe comblé par les apports du Nil ; en témoignent notamment les coquilles que l'on trouve dans les « montagnes ». Plutarque, au Ier siècle après J.-C., auteur très lu, confirme ce fait. Divers autres textes font allusion à ces fossiles observés en pleine terre, par exemple un passage de la Géographie de Strabon, contemporain d'Ovide (il s'agissait de Néogène transgressif peu lapidifié et très fossilifère).
On doit encore aux Gréco-Romains des considérations remarquables sur le cumul avec le temps d'actions infinitésimales (Straton, in Polybe), base de la doctrine uniformitariste (dite, abusivement, de Lyell), et de belles descriptions d'activités volcaniques, tant de l'Etna que du Vésuve (éruption catastrophique de 79 apr. J.-C. décrite par Pline le Jeune). Ne méconnaissons pas l'énorme Histoire naturelle de Pline l'Ancien, trésor de données, malheureusement parfois fallacieuses ; elle sera encore lue au xviiie siècle. Enfin, le grand poème de Lucrèce, De la nature, décrit l'humanité primitive en anticipant de façon saisissante sur la préhistoire moderne. La place manque ici pour signaler d'autres apports antiques : ainsi une très bonne appréhension du phénomène des rivières souterraines karstiques.

2.  Le Moyen Âge

Le Romain Sénèque, contemporain de Néron, nous a laissé un livre d'un grand intérêt, les Questions naturelles, où il imagine tous les progrès encore à venir de la science de la nature. À la place, ce fut la décadence. Non due au départ au christianisme, celui-ci l'accéléra. Les ténèbres intellectuelles s'étendirent sur l'Occident. Mais, en Orient, la naissance de l'islam eut pour conséquence inattendue un remarquable mouvement de pensée, culminant du ixe au xiie siècle, de l'Iran jusqu'en Espagne. De nombreux textes grecs furent sauvés, commentés, amplifiés (en arabe). Il faut au moins mentionner un texte étonnant dû au groupe dit les Frères de la pureté, de Bassora, au xe siècle : ils anticipent de neuf siècles sur le cycle orogénique de Gautier puis de Hutton : l'érosion nivelle les montagnes, leurs débris s'accumulent dans les mers pour y former les montagnes futures. Avicenne (Ibn Sīnā, 980-1037), grand savant iranien, très influent en Occident, décrit la formation des roches, la conversion en pierre des végétaux et animaux, la genèse des montagnes par les tremblements de terre (idée fort durable après lui).
L'Occident chrétien, en partie grâce aux bibliothèques arabes, s'épanouit en une véritable renaissance à partir du xie siècle. Outre d'éminents philosophes, d'authentiques savants professent dans les universités, tel Albert le Grand (env. 1200-1280), versé dans toutes les sciences, qui développe les idées d'Aristote (très influent à l'époque) et d'Avicenne sur le déplacement des mers, la formation des montagnes, l'origine naturelle des fossiles, etc. On parle très peu du Déluge. Une exception toutefois : le Toscan Ristoro d'Arezzo, qui croit en voir la marque dans l'Apennin, où il a fait d'excellentes observations de terrain (1282). Le sommet sans doute de la géologie médiévale est atteint avec Buridan (vers 1295-vers 1358), qui professe librement à la faculté des arts de Paris des idées d'une surprenante audace. Pour lui, la Terre solide est dissymétrique : l'hémisphère terrestre est peu à peu érodé, donc allégé ; pour rétablir l'équilibre, ce côté de la Terre se soulève, tandis que l'autre hémisphère, océanique, alourdi de sédiments, s'enfonce par rapport à la sphère immuable des eaux ; de plus, au long d'immenses durées, la mer et la terre se déplacent avec une grande lenteur autour du globe. Il n'est question ni du Déluge ni des durées courtes bibliques. On voit que parler de l'obscurantisme médiéval est peu fondé.

3.  La Renaissance

De 1350 à 1480, on assiste à une stagnation, sinon à un recul. Vers 1500, Léonard de Vinci (1452-1519) confie à ses « carnets » manuscrits des observations et des idées d'une stupéfiante modernité sur la sédimentation, la fossilisation, etc. Il réfute avec une ironie mordante l'explication des fossiles par le Déluge, devenue courante, et par la génération spontanée, qui allait prendre un grand poids. Peu enclin aux théories (bien qu'il répercute Buridan à travers Albert de Saxe), c'est un homme de terrain, un observateur d'une extraordinaire lucidité : cent cinquante ans avant Sténon, le premier vrai géologue. Un autre grand nom de la Renaissance est Bernard Palissy (1510-1590), ennemi du rôle géologique du Déluge, au point de refuser tout ancien séjour des mers sur nos terres (il postule de peu crédibles « réceptacles » d'eau salée dans le sol). Passionné par l'étude de la nature et notamment des fossiles, il parle en pionnier lorsqu'il reconnaît parmi ceux-ci des formes tropicales, et d'autres aujourd'hui éteintes (nos hippurites, ammonites, etc.). Le troisième auteur majeur est Agricola (Georg Bauer, 1494-1555), humaniste donnant ses lettres de noblesse à la pratique minière saxonne, par plusieurs volumes d'intérêt durable, surtout l'admirable De re metallica (1556), dont les nombreuses gravures en font un irremplaçable « musée technologique ». Sur un plan différent, entre 1550 et (en gros) 1660, des musées proprement dits sont constitués, surtout en Italie, polyvalents, mais comportant toujours une section d'objets du sous-sol, notamment de fossiles. On s'ingénie à les figurer et à les commenter dans de luxueux ouvrages, sans grande valeur scientifique, mais qui éveillent l'intérêt du public pour ces étonnantes reliques. Au total, la Renaissance, grâce à l'imprimerie et à un enthousiasme général, amasse, figure et décrit en vrac la nature, de façon prolixe, sans beaucoup interpréter. Notons à ce propos qu'il est historiquement erroné de prétendre que l'Église interdisait de voir dans les fossiles d'anciens êtres marins, ou qu'elle imposait leur explication par le Déluge.

4.  Le XVIIe siècle et les théories de la Terre jusqu'en 1729

La mentalité change complètement dès le début du xviie siècle. La doctrine mécaniste dévalorise la Nature. L'étude du contenu du sous-sol est au plus bas jusque vers 1660 (et en France jusqu'en 1710). Durant la première moitié du siècle, un seul auteur majeur est à signaler : il s'agit de Descartes, avec ses Principia philosophiae (1644). Il échafaude une cosmogonie d'une grande audace, dont le livre IV final est consacré à la genèse du globe terrestre : il voit les éléments s'assembler en sphères concentriques. Vers la fin, une croûte externe s'est formée, en situation instable puisque séparée des sphères internes par une zone d'eau et d'air ; elle s'effondre ; ses fragments, à l'étroit, reposent parfois à plat sur la croûte interne (mers et plaines), parfois en s'arc-boutant mutuellement (montagnes). Ainsi, la configuration actuelle de la Terre est née des hasards d'une catastrophe inscrite dans la logique du développement cosmogonique antérieur. La Terre, ancien astre éteint, enferme en son cœur central une matière de feu, sans action sur les zones plus externes.
Il n'en est pas de même dans le Mundus subterraneus, le monde souterrain tel que le voit le père jésuite Athanasius Kircher (1602-1680). Paru en 1665, cet énorme ouvrage à caractère d'encyclopédie postule un feu central relié par des canaux à des poches ignées plus superficielles, et de là aux volcans. De même, des réservoirs d'eau profonde sont reliés à la surface par des canaux, qui relient entre elles certaines mers et alimentent en eau marine dessalée les sources des montagnes (une très vieille et tenace théorie). Pierre Perrault (1611-1680) démontre en 1674 que les pluies suffisent à les expliquer (la controverse datait des Gréco-Romains).
Le Danois Niels Stensen (Nicolas Sténon, 1638-1686), anatomiste réputé, publie en 1669 le Prodromus d'une dissertation « Sur un solide contenu naturellement dans un solide ». Ce court ouvrage pose de façon géniale les bases définitives de la géologie moderne, fondée sur une rigoureuse axiomatique. Il introduit les termes et les concepts clés de « strates » dues à l'accumulation de « sédiments ». Posant en principe que tout solide est issu d'un fluide, il en déduit que les strates du sous-sol : se sont déposées en superposition l'une sur l'autre successivement ; lors de leur dépôt étaient subhorizontales ; étaient continues en extension latérale. Et donc, leur tranche mise à nu implique une rupture ou une ablation ; leur situation inclinée implique un dérangement, lequel est la cause des montagnes. Sténon écrit de plus des pages remarquables sur la croissance des cristaux. Il applique enfin, à l'échelle régionale, la règle par lui posée, à savoir que c'est dans l'objet, le corps lui-même, que l'on trouve les circonstances de sa genèse ; il reconstitue ainsi l'histoire passée d'une partie de la Toscane, en retrouvant l'acuité de Léonard de Vinci. Il y distingue, d'une part, les montagnes anciennes, faites de strates rocheuses sans fossiles, d'autre part, les « collines » récentes, terreuses, encaissées dans des vallées d'effondrement (pour nous, des grabens néogènes dans les nappes toscanes). L'analyse seule du terrain dévoile son histoire passée.
En 1660 en Angleterre, la fondation de la Royal Society, qui entend mettre en œuvre les préceptes de Francis Bacon, inaugure un très actif mouvement scientifique, notamment en géologie. Robert Hooke (1635-1702), savant polyvalent, émet en 1668 et ultérieurement, lui aussi, de remarquables idées sur la Terre. Les terres et les mers changent de place ; les fossiles sont comme des médailles qui pourraient dater le passé ; les êtres vivants ont pu évoluer. Mais l'œuvre géologique de ce grand pionnier n'a été publiée qu'en 1705, et peu remarquée. D'actives recherches sur le terrain sont menées à bien : Martin Lister (1638 ? – 1712) et Edward Lhwyd (1660-1709), notamment, collectionnent et figurent de nombreux fossiles, étudiés avec rigueur, avec pour conclusion étonnante que, vue leur dissemblance d'avec les formes modernes, ce ne sont pas d'anciens organismes marins.
À côté de ces naturalistes éminents, attachés à la description minutieuse du réel, à la fin du siècle fleurissent d'aventureuses théories de la Terre. Leur ambition est de construire, à l'instar de Descartes, mais calquée étroitement sur les textes bibliques pris à la lettre, une histoire de la formation du globe terrestre. Ces théories sont diluvianistes, en ce sens qu'elles font jouer au Déluge de Noé un rôle gigantesque, bouleversant complètement toute la partie externe de la Terre. Thomas Burnet (1635-1715) obtient un grand succès avec sa Theory of the Earth (1681 et 1689 en latin ; 1684 et 1690 en anglais), qui romance de façon pieuse le schéma de Descartes, en identifiant au Déluge l'effondrement de la croûte externe. William Whiston (1667-1752) publie en 1696 A New Theory of the Earth pour faire pièce à Burnet ; astronome, il met en œuvre de façon fort ingénieuse une comète pour expliquer le Déluge. À l'opposé des deux précédents, nullement géologues, John Woodward (1665-1728) est un observateur infatigable et de grand mérite. Mieux encore que Lister, il constate le fait d'une liaison régionale entre les fossiles et les types de roches du sol anglais ; il croit avoir découvert une corrélation entre leurs poids spécifiques respectifs. L'explication qu'il en donne est qu'au moment du Déluge les anciennes terres ont été liquéfiées en une boue confuse ; celle-ci s'est sédimentée en masse par ordre de densité en même temps que les dépouilles des organismes. L'influence de Woodward a été considérable : après lui, la croyance aux fossiles, jeux de la nature, est abandonnée.
Des protestants suisses prennent le relais au début du siècle suivant. Il s'agit, tout d'abord, des frères Scheuchzer. L'aîné, Johann Jacob (1672-1733), a publié de nombreux ouvrages où il s'attache à décrire la géographie physique de la Suisse, mais aussi ses fossiles, en naturaliste de grand mérite (nombreuses planches d'ammonites, etc.). Son frère cadet Johann (1684-1738) est le vrai pionnier de la tectonique des Alpes. Il observe, comprend et dessine admirablement les contorsions des couches, notamment celles des versants du lac des Quatre-Cantons (1708, publication en 1716-1718 par son frère). Il introduit en science le fait du plissement, en disciple intelligent de Sténon. Qu'il ait adopté les vues de Woodward est peu important (dislocation régionalement inégale des couches à la fin du Déluge, en fonction de leur solidité, la cause étant inexplicable). En 1729, Louis Bourguet (1678-1742) insère dans ses Lettres philosophiques un abrégé de sa théorie de la Terre, également fondée sur l'idée de Woodward, mais avec d'intéressantes corrections : la pile des nouvelles couches s'est formée de façon diversifiée par le remaniement des produits de l'ablation successive des constituants de l'ancienne Terre : vision pleine d'avenir, dès lors que l'on se libérait de la contrainte du temps court biblique. De plus, il cherche à rendre compte de façon rationnelle de la formation des chaînes de montagnes : à la fin du Déluge, elles sont nées de façon coordonnée par suite de l'accélération de la rotation de la Terre, leur matière formant comme des ondes et recevant une « direction d'élévation ». Les grandes synthèses des diluvianistes, derrière leur absurdité apparente si souvent tournée en ridicule, comportaient nombre d'acquis positifs concrets et d'intuitions trop méconnues. Le xviiie siècle, en les rejetant, a volontiers évacué du même coup le cycle sédimentaire et l'orogenèse. La leçon à en tirer est que notre premier devoir est d'adopter une attitude de respect envers nos devanciers. Comprendre, avant de juger. La dérision abaisse l'historien. Et c'est une historiographie mutilée que celle qui se polarise exagérément sur les théories et systèmes abstraits.
Le grand Leibniz élabore vers 1690 une théorie de la formation de la Terre, intitulée Protogaea, mais n'en publie qu'un court résumé (1693 ; le texte complet ne paraît qu'en 1749), néanmoins fort influent. La Terre est un ancien corps incandescent ; le lessivage de la masse initiale à base de verre engendre les mers, qui se peuplent d'organismes. Des cavités souterraines s'effondrent, d'où le basculement et l'émersion de couches sédimentaires riches en fossiles, organismes marins naturels. Leibniz semble accepter l'évolution des espèces. À l'origine ignée près, son système, avec ses cavités, prévaudra durant un bon siècle. La Protogée au complet influencera grandement le Buffon des Époques. Déjà, en 1715 et 1721, Antonio Vallisnieri (1661-1730) avait choisi, contre Woodward, l'idée d'un séjour naturel et d'un abaissement lent de la mer, en s'appuyant sur Leibniz.

5.  Le XVIIIe siècle

La géologie ne démarre en France que vers 1710, en bénéficiant de toute la prudence un peu sceptique de Fontenelle, très influent par ses chroniques résumant et commentant l'activité de l'Académie royale des sciences. Il se rallie à l'idée de l'ancien séjour tranquille des mers sur nos terres. Antoine de Jussieu en 1718, étudiant une flore fossile houillère, pensait « herboriser dans un autre monde ». Il se demande comment des plantes typiques de pays chauds ont pu venir « des Indes » : « flots tumultueux », « violents ouragans » ? En 1777, Pyotr Simon Pallas (1741-1811) évoquera de tels flots gigantesques pour expliquer les restes de grands pachydermes trouvés congelés en Sibérie. En 1720, René Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757), à propos des faluns de Touraine, suppose qu'un vaste golfe marin a existé, reliant l'océan à la Manche, sans rapport avec le Déluge. Fontenelle émet le vœu que l'on dresse des cartes indiquant le type de coquilles fossiles prédominant de lieu en lieu. C'est là le début d'une constante de la géologie française des soixante ans qui suivent, fixée sur une vision « paléogéographique » par juxtaposition horizontale des faunes, au détriment de la reconnaissance des successions verticales.
En 1721-1723, l'ingénieur des Ponts et Chaussées Henri Gautier (1660-1737) publie de façon plutôt confidentielle des pages inégales mais contenant des idées remarquables sur le cycle récurrent érosion-sédimentation-orogenèse, annonçant déjà Hutton. Comme avant lui William Whiston, il a l'intuition de l'isostasie ; pour lui, les séismes sont dus à de brusques réajustements verticaux de la croûte. Il montre que, par la mesure de la turbidité fluviale, on peut calculer le temps nécessaire pour un nivellement complet du bassin : nécessairement des millions d'années, mais il maquille ses chiffres.
Benoît de Maillet (1656-1738) fait preuve de plus d'audace dans son Telliamed posthume, écrit vers 1725, publié en 1748 et 1755. Ce livre très lu fonde tout sur une très lente diminution de la mer, dont les dépôts récents sont en contrebas des plus anciens ; ces dépôts peuvent s'être formés d'emblée inclinés. L'eau de la mer s'évapore vers d'autres astres. La Terre passe à tour de rôle par une phase ignée (en surface) et par une phase de submersion totale, au long de millions et milliards d'années. Le Telliamed abonde en invraisemblances, mais aussi en fines observations de terrain.
En 1749, Buffon (1707-1788) ouvre sa grande Histoire naturelle, par sa Théorie de la Terre, qui est en fait peu théorique, mais plutôt une mise à jour soigneusement élaguée des connaissances objectives du moment. Sa portée sera considérable. Bien qu'il ignore par trop l'érosion et la tectonique, Buffon a beaucoup de vues justes et rompt avec les théorisations échevelées ; il raisonne en actualiste de bon sens, enraciné dans la réalité. En 1778-1779, il publie la magnifique épopée des Époques de la nature, histoire présumée et destinée future de la Terre, ancien astre qui ne cesse de perdre sa chaleur, promis à une mort glacée finale. Dans cette « théorie de la Terre », beaucoup de données sont suppléées par l'imagination, mais cette fresque inoubliable, dans sa structure même, annonce les visions neuves du xixe siècle. L'auteur, fort d'expériences sur le refroidissement de sphères métalliques, tente de calculer l'âge de la Terre. Après avoir envisagé des millions d'années, il se rabat sur soixante-quinze mille ans (valeur de toute façon contraire à la chronologie biblique des soixante siècles, dès alors en voie d'abandon).
Jean Étienne Guettard (1715-1786) publie en 1746-1752 la première carte géologique, à destination résolument utilitaire (recensement graphique des matières utiles du sous-sol, avec regroupement empirique en grandes zones concentriques) ; cette carte concerne le nord de la France et le sud de la Grande-Bretagne. Guettard déteste Buffon et préfère accumuler scrupuleusement les données de terrain, dans de nombreux mémoires trop peu synthétiques. L'abbé de Sauvages publie en 1746-1752 une remarquable description, de ton moderne, des environs d'Alès. En 1753, Nicolas Antoine Boulanger a rédigé un ouvrage jamais publié, les Anecdotes de la nature, où une vision catastrophiste ne nuit nullement à un exposé magistral des formes du relief dans le bassin de la Marne. C'est le grand pionnier de la géomorphologie.
Précédant de dix ans le grand démarrage des études sur la Terre de la fin du siècle, le médecin saxon Georg Christian Füchsel (1722-1773) publie en 1761 une Histoire de la Terre et de la mer, d'après l'histoire de la Thuringe, au travers de la description des formations (en latin). Mal diffusé au départ, encore peu lu aujourd'hui, ce long mémoire est fondateur, presque au même titre que le Prodromus de Sténon. Füchsel non seulement complète la lithostratigraphie empirique des mineurs et de Lehmann (1719-1767), mais interprète les choses en actualiste lucide. Il décompose le bâti de la région concernée en deux ensembles de formations bien décrites et individualisées (par leur lithologie et leurs fossiles), séparées par une discordance angulaire marquée (pour nous, Paléozoïque, et Permien + Trias). Füchsel est un pionnier majeur de la nouvelle science dite géognosie, non pas créée, mais développée et merveilleusement enseignée par Abraham Gottlob Werner (1749-1817) à Freiberg dans les années 1775-1819. Dès avant, de nombreux auteurs, pour la plupart ayant des responsabilités minières, écrivaient en géognostes, tant en Suède, tel Daniel Tilas (1712-1772), qu'en Europe centrale germanophone ; ils lancent la cartographie géologique en couleurs : ainsi en 1778 Johann Friedrich Wilhelm von Charpentier (1728-1805). L'objet de cette science purement descriptive est l'étude du sous-sol, décomposé en grandes unités lithologiques superposées et adossées, dont on précise les relations mutuelles et le contenu minéralogique. De cette structure étagée découle une chronologie relative. Il se trouve que la doctrine devenue régnante était la grande vision du neptunisme : des granites et gneiss de base jusqu'aux couches récentes, tout l'empilement des unités lithologiques représente des dépôts successivement formés dans la mer, au départ chaude et saturée chimiquement. D'où une liaison nécessaire entre l'âge et la lithologie, extrêmement séduisante pour l'esprit et très stimulante dans l'établissement de la « géographie minéralogique » d'une région. La géognosie a été, dans les années décisives 1810-1820, l'une des bases organisatrices de la géologie moderne. Le neptunisme s'est alors résorbé de lui-même, son rôle pédagogique achevé. La querelle du basalte (sédiment aqueux ou ancienne lave ?) a fait beaucoup de bruit autour d'un problème plutôt mineur, voire mesquin.
En 1752-1756, Guettard a mis en évidence les volcans éteints d'Auvergne. En 1771-1774, Nicolas Desmarets (1725-1815) démontre que le basalte prismé fait partie de coulées volcaniques anciennes ou récentes, et donne une admirable carte du Mont-Dore ; l'érosion lente a démantelé et mis en saillie les premières. Il est l'un des nombreux auteurs français et italiens de cette fin de siècle à faire entièrement leur la doctrine actualiste (cumul avec le temps d'actions mineures de type actuel).
En 1780-1784, l'abbé Jean-Louis Giraud Soulavie étudie dans cet esprit le Vivarais, dresse la première carte géologique française coloriée, limitée aux grands ensembles lithologiques, subdivise l'ensemble calcaire sur la base de trois faunes successives, invoque le changement graduel des espèces.
Le Vénitien Giovanni Arduino (1714-1795) est un autre pionnier majeur. Dès 1760, il décompose les terrains du Vicentin en quatre « ordres » ; les montagnes « primaires » et « secondaires », les collines « tertiaires » et les alluvions des plaines : pratiquement, nos divisions actuelles. De plus il décrit avec une admirable précision une coupe allant (pour nous) du Permien à l'Oligocène, avec tous ses niveaux lithostratigraphiques, en constatant le changement des fossiles de l'un à l'autre.

6.  La révolution créatrice du début du XIXe siècle et ses développements

En moins de vingt ans (1810-1830), la géologie moderne naît, avec son programme et ses institutions. Elle a été préparée par trois prises de conscience qui bouleversent les rapports entre l'homme et le cosmos terrestre. Il s'agit d'abord de l'immensité des temps géologiques ; à partir de 1770, un nombre vite croissant d'auteurs de tous bords font leur cette idée ; pour les chrétiens fervents, au moins pour les temps d'avant le Déluge : ainsi Jean André De Luc l'aîné (1727-1817). Le pape Pie VII, sous Napoléon, lève l'obligation de prendre à la lettre les « jours » de la Genèse. La succession des faunes dans le temps, instrument de chronologie, est pressentie (après Giraud Soulavie) par ce même De Luc dès 1790-1793 ; mais le fait d'une suite de mutations de la biosphère est surtout imposée par les travaux de Georges Cuvier (1769-1832), qui interprète la suite des « mondes » disparus en termes de cataclysmes exterminateurs. Lamarck (1744-1829), surtout en 1809, défend (dans l'abstrait) la thèse opposée d'une transformation graduelle du monde vivant et fonde ainsi la doctrine de l'évolution. Sur le plan géologique, le principe de la datation des couches avant tout par leurs fossiles caractéristiques est définitivement posé en France par Alexandre Brongniart (1770-1847) et, surtout, en Angleterre, admirablement, par William Smith (1769-1839), qui identifie et cartographie avec précision et art les principales « strates » (formations) d'Angleterre (1799-1816). Enfin, l'inexistence d'une formation « primitive » originelle est peut-être l'innovation majeure apportée par James Hutton (1726-1797) dans sa célèbre Theory of the Earth (1788, 1795), synthèse archaïque de ton, audacieusement novatrice sur le fond. La Terre, au cours de l'immensité insondable du temps, passe par des cycles répétitifs de nivellement du relief terrestre par l'érosion lente, dont les produits vont se sédimenter dans les mers, y fondre en partie et recristalliser sous l'effet de la chaleur, les couches ainsi transformées surgissant pour donner de nouvelles terres montagneuses. Le prétendu « Primitif » (granite compris) est de tout âge. C'est le fondement de la doctrine plutoniste, qui, non sans quelques conflits initiaux, supplante le neptunisme wernérien.
Tous le xixe siècle vivra sur les idées prophétiques de Hutton, mises en œuvre jusque dans le plus lointain passé (cycles orogéniques du Précambrien).
La population des curieux et des professionnels penchés sur la Terre augmentait rapidement depuis 1775 ; entre 1810 et 1830, un prodigieux bond en avant se produit, exemple remarquable d'une révolution créatrice ; une communauté géologique internationale se crée ; les échanges et rencontres se multiplient. En 1807 est fondée la Geological Society de Londres. En 1830, ce sera le tour de la Société géologique de France ; dès lors, la géologie est une science adulte. Répugnant aux théories hâtives, elle se veut « positive », pressée de décrire méthodiquement la constitution géologique de territoires petits ou grands ; on citera en France comme exemple le mémoire mémorable de Cuvier et d'Alexandre Brongniart (1770-1847) sur la « géographie minéralogique » des environs de Paris, où les formations sont recensées sous les points de vues conjoints de leur ordre de superposition, de leur lithologie et de leurs fossiles (1808, 1811). C'est désormais une histoire de la surface terrestre, reconstituée pas à pas, qui est l'objectif essentiel.
On ne peut en quelques lignes résumer l'histoire, ou plutôt l'historique, des immenses développements continus qui vont suivre. Bornons-nous à quelques jalons. On propose enfin une explication rationnelle de la formation des montagnes, où l'on fait volontiers jouer un grand rôle aux montées de roches éruptives (ainsi Leopold von Buch, 1774-1853). Léonce Élie de Beaumont (1798-1874) relie logiquement l'orogenèse au refroidissement lent du globe, dogme admis durant tout le siècle (la première « tectonique globale », a-t-on écrit). Il montre que des « soulèvements » répétés ont affecté la France et les territoires voisins, soulèvements marqués par des discordances angulaires d'âges différents selon les lieux et, à distance, par des ruptures dans la sédimentation tranquille, accompagnées d'un changement de faune. Il y voit des catastrophes dues au brutal réajustement de la croûte terrestre devenue trop grande pour l'intérieur qui se contracte du fait de son refroidissement continu. Charles Lyell (1797-1875) publie, en 1830-1833, ses Principles of Geology, brillante synthèse des connaissances géologiques déjà vastes du moment, mais également machine de guerre contre le catastrophisme, tant celui, irrationnel, de De Luc et de Cuvier (pour qui le monde ancien avait été régi par d'autres processus que le monde actuel) que celui, scientifiquement cohérent, d'Élie de Beaumont. Ce faisant, Lyell tombe dans un uniformitarisme et un « continuisme » qui enchantera plus tard Darwin, mais à coup sûr excessif. Du reste, à l'époque, l'influence de Lyell est faible. En Angleterre, les avances majeures sont l'œuvre de diluvianistes déclarés : William Buckland (1784-1856) pour le Quaternaire, Adam Sedgwick (1785-1873) et Roderick Murchison (1792-1871) pour le Paléozoïque.
La vaste entreprise de la résurrection des mondes vivants anciens se développe avec ferveur, marquée par la découverte des grands reptiles marins mésozoïques, qui frappe l'imagination du public (plus tard seulement viendront les dinosaures et les grands mammifères tertiaires). La stratigraphie paléontologique se précise sans cesse (tout à fait indépendamment des débats pour ou contre l'évolution).
En France, Alcide d'Orbigny (1802-1857) définit en 1849 de façon durable vingt-sept étages du Jurassique et du Crétacé par leurs faunes, qu'il croit dues chaque fois à une recréation après anéantissement de la précédente (le pionnier, William Smith, avait la même croyance). On aurait tort de postuler abruptement que c'est le triomphe de l'actualisme qui a engendré en son temps la géologie moderne. En fait, Hutton comme Lyell étaient dans l'erreur lorsqu'ils projetaient inconditionnellement sur le passé les actions des agents à l'œuvre sous les yeux : elles sont bien incapables, dans une bonne partie de l'Europe, de rendre compte des formes du relief, de maints dépôts superficiels (terrasses, grèzes, lœss, etc.), ainsi que les blocs erratiques. Ces derniers n'ont été expliqués que par la difficile prise de conscience du fait des glaciations quaternaires, dont le principal pionnier est Louis Agassiz (1807-1873), en 1840. Le reste n'a été que récemment compris comme étant l'héritage des conditions périglaciaires régnant en Europe dans les territoires non soumis à une glaciation.
Parmi d'autres nombreux noms à citer, retenons : Constant Prévost (1787-1856), l'adversaire français du catastrophisme de Cuvier ; James Hall (1761-1832), introducteur de la géologie expérimentale (reproduction des plissements en modèle réduit, recristallisation ignée du basalte par refroidissement lent) ; Louis Cordier (1777-1861), pionnier en pétrographie des laves et influent défenseur de la chaleur interne de la Terre (précédé par Déodat de Gratet de Dolomieu, 1750-1801, génie inégal et bouillonnant). Henry Clifton Sorby (1826-1908) redécouvre dans les années 1850 la technique, jusque-là inemployée, d'examen des roches taillées en lames minces, au microscope polarisant, inventée vingt ans plus tôt par James Nicol (1801-1879) : c'est le début de la pétrographie moderne, d'abord en Allemagne (Karl Rosenbusch, 1836-1914), puis en France (Ferdinand Fouqué, 1824-1904, et Auguste Michel-Lévy, 1844-1911, inaugurent la reconstitution des roches cristallines au laboratoire par synthèse).
L'orogenèse est révolutionnée, dans les années 1885-1900, par la découverte inattendue des grandes nappes de charriage, principalement dans les Alpes (Marcel Bertrand, 1847-1907, etc.). La seule contraction du globe par refroidissement devient inadéquate. Le fait des nappes implique un minimum de mobilité des continents. En 1924, Émile Argand (1879-1940) adopte de ce fait avec enthousiasme l'essentiel des idées d'Alfred Wegener (1880-1930). Notons que l'exploration de l'Ouest américain met en vedette les vastes mouvements verticaux lents (l'épirogenèse de Grove Karl Gilbert, 1843-1918) spontanés – dans ce cas encore aujourd'hui fort mal expliqués – ou par réajustement isostatique (démonstration magistrale, par la remontée du fond de l'ancien lac Bonneville desséché). Le grand tectonicien Eduard Suess (1831-1914) publie, entre 1883 et 1909, la première synthèse complète de la géologie structurale de la Terre mais refuse les mouvements ascensionnels de sa surface.
La paléontologie et la micropaléontologie (étude des foraminifères, etc.) ont fait des progrès vertigineux, au point d'obliger les spécialistes à limiter de plus en plus leur champ d'activité. Les fossiles restent l'instrument privilégié de datation des couches mais, désormais, au côté de méthodes physiques, au premier rang desquelles la radiochronologie, dont l'initiateur fut le physicien Ernest Rutherford et le pionnier en géologie Arthur Holmes (1890-1965). Dès 1905, on suppute des âges de 2 milliards d'années, à la grande colère de lord Kelvin (William Thomson) qui, fort de sa physique, avait interdit aux géologues de tabler sur plus de 100 millions d'années.
La géologie actuelle est l'aboutissement d'un développement historique qu'il faut connaître pour comprendre l'articulation logique des innombrables spécialisations où elle a tendance à s'éparpiller : c'est la conséquence de l'énorme accroissement, depuis les années soixante, du nombre de chercheurs et de publications. Cette situation n'a pas de précédent. La grandiose théorie unificatrice des plaques, avec ses immenses avancées, a peut-être un peu trop dévalorisé les méthodes éprouvées de la géologie traditionnelle ; elles restent nécessaires, au côté des nouvelles voies très techniques. L'histoire nous tend un miroir ; elle nous montre notamment le danger des systèmes si bien construits que l'on a tendance à s'y enfermer, en se contentant de les enrichir frileusement du dedans. Les progrès futurs sont en général inattendus, voire dérangeants (Hutton rompt le consensus neptunien, les nappes et la radioactivité brisent celui de la contraction, Wegener s'insurge contre les continents immuables, etc.). Les conduites humaines changent peu ; il est bon d'étudier la logique des erreurs passées : elles peuvent éclairer les voies de notre science actuelle, en nous incitant à ne pas nous enliser, à poursuivre avec esprit critique, indépendance et audace la quête séculaire, jamais achevée.

source: http://www.universalis.fr/encyclopedie/geologie-histoire-des-sciences-de-la-terre/

dimanche 26 février 2017

Les étapes du développement minier et les mesures de contrôle : l'exemple de l'uranium

L’ouverture d’une nouvelle exploitation minière est un évènement! Avant d’y arriver, de nombreuses étapes qui peuvent s’échelonner sur six à dix ans doivent être franchies. Ces étapes, synthétisées dans le tableau suivant, s’enchaînent les unes après les autres, selon un processus décisionnel complexe, basé sur des critères géologiques, miniers, métallurgiques, économiques, financiers, environnementaux et sociaux. Un projet qui franchit avec succès toutes les étapes et qui devient une mine est en fait une exception!


De plus, l’exploitation est aussi soumise à des contraintes économiques et sociales qui peuvent changer la viabilité du projet en cours de route et entraîner une fermeture prématurée.
La mise en place d’une mine comporte trois phases principales : l’exploration, la mise en valeur et l’aménagement (l’exploitation). Chacune de ces phases fait appel à des experts, à des techniques de recherche et à des investisseurs distincts, présente des défis particuliers et comporte différents risques et chances de succès.
L’exploration débute avec l’investigation de vastes territoires, l’identification d’anomalies, la découverte d’indices prometteurs puis la définition d’un gîte minéral. Les travaux et les études s’intensifient aux étapes de la mise en valeur pour confirmer la capacité du gîte à devenir un gisement et à supporter une exploitation rentable et dans le respect de l’environnement et de la population touchée. Dans le meilleur des cas et après nombre d’années d’efforts, la construction puis l’exploitation de la mine peuvent commencer. Quand le gisement est épuisé, la restauration du parc à résidus et du site des opérations s’effectuent de façon acceptable pour l’environnement et la population.

Une industrie très encadrée

Comme toutes les entreprises, les compagnies minières doivent respecter une série de lois et de règlements qui encadrent leurs opérations et qui ont pour but de protéger l’environnement, la santé et la sécurité des travailleurs et du public. Il en découle toute une panoplie de permis et d’autorisations à obtenir. Tout au long du processus, de nombreux organismes de compétence municipale, régionale, provinciale et fédérale auront à être tenus informés, à donner leur avis ou leur accord et à délivrer des autorisations et des permis pour que le projet aille de l’avant, étape par étape. Des mécanismes de consultation des populations locales et des groupes autochtones sont aussi en place et s’appliquent selon l’état d’avancement et l’ampleur du projet et de ses impacts. Ces consultations sont faites suivant des protocoles établis et transparents. La localisation du projet (exemples : milieu urbanisé, terre publique, territoire conventionné, terre agricole, milieu nordique) vient aussi influencer les lois et les règlements à respecter.
Le nombre, l’importance et la complexité des autorisations vont de pair avec les types de travaux, les impacts réels et envisagés. Les principaux règlements découlent de la Loi sur les mines, la Loi sur les forêts (MRNF), la Loi sur la qualité de l’environnement, la Directive 019 sur l’industrie minière (MDDEP), le Règlement sur les effluents des mines de métaux (REMM) et la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST).
Et l’uranium…
Lorsqu’il est question de règlementation, de contrôles et de consultations, l’uranium peut servir d’exemple. Tous les projets portant sur l’extraction et la transformation de l’uranium doivent respecter les lois et règlements qui s’appliquent à tous les projets miniers, mais ils sont de plus soumis au contrôle très strict de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN).
C’est la CCSN qui est l’autorité fédérale chargée de réglementer l'utilisation de l'énergie et des matières nucléaires en vertu de la Loi sur la sûreté et la réglementation nucléaires. Elle réglemente afin de préserver la santé, la sûreté et la sécurité des Canadiens, de protéger l'environnement et de respecter les engagements internationaux du Canada à l'égard de l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire. Comme l’exploitation minière de l’uranium, un élément naturellement radioactif, est faite afin de produire de l’énergie nucléaire, l’entreprise minière doit demander à la CCSN un permis d’activité nucléaire.
Le Tribunal de la CCSN est indépendant et le seul à pouvoir délivrer un permis d’activité nucléaire. Ses employés (plus de 800) examinent les demandes selon les exigences réglementaires, font des recommandations à la Commission et veillent à l’application de la réglementation et des conditions du permis tels qu’ils sont imposés par la Commission. Ils surveillent de près les sites des opérations et les inspectent fréquemment.
 
Exploration

Pour ce qui touche la prospection et l’exploration de l’uranium au sol, la CCSN précise que ces activités relèvent de la compétence des provinces et elle considère qu’elles ne posent pas de risques pour la santé publique ou l’environnement.
Les compagnies d’exploration doivent respecter les lois et les règlements qui encadrent déjà les travaux liés à l’exploration de toute substance minérale, y compris l’uranium. De nombreuses compagnies d’exploration adhèrent volontairement au regroupement « Environmental Excellence in Exploration » (E3 Mining) chapeauté par l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (PDAC). Elles appliquent alors les lignes directrices proposées dans le guide « e3plus » et en particulier celles qui portent sur la protection de l’environnement et des travailleurs. Pour l’uranium, le guide s’inspire de ce qui se fait de mieux en Saskatchewan (premier producteur d’uranium au monde), au Canada et dans le monde.
 
Mise en valeur

L’extraction et la concentration de l’uranium sont rigoureusement réglementées au Canada. Dès qu’un projet d’exploration pour l’uranium passe à l’étape de la mise en valeur et qu’il est question de prélever du matériel radioactif ou d’accéder à une zone minéralisée, l’entreprise doit obligatoirement soumettre une demande de permis à la CCSN avant de commencer ses travaux. Elle doit poursuivre, en même temps, ses demandes pour obtenir toutes les autres autorisations.
La CCSN chapeaute et coordonne alors les activités de nombreux comités et organismes fédéraux et provinciaux dans tout ce processus. Un volet important porte sur l’évaluation des impacts sur l’environnement et sur le milieu social du projet et la tenue d’audiences publiques, souvent communes avec celles d’autres instances. Tous les documents soumis à la CCSN et les activités de la Commission sont diffusés et le public est invité à participer aux audiences.
La CCSN a le pouvoir de donner son accord à un projet ou de le refuser. De plus, le permis d’activités nucléaires est valide pour une période de deux à cinq ans. Le processus d’obtention doit être repris au complet et la compagnie doit prouver qu’elle respecte tous les règlements et toutes les exigences de la CCSN et qu’elle dispose des garanties financières qui permettront la réhabilitation de tous les sites touchés par les opérations. Aucune exploitation pour l’uranium ne peut aller de l’avant sans l’autorisation de la CCSN.

Aménagement et restauration

Lorsque toutes les autorisations et tous les permis sont obtenus et que la CCSN a donné son aval, le projet minier peut passer à la phase d’aménagement et d’exploitation.
L’entreprise devra se conformer en tout temps, pour toute la durée de l’exploitation et bien après la réhabilitation complète de tous les sites touchés, aux ordonnances de la CCSN et de tous les autres organismes.
La surveillance de la CCSN est continue et donne lieu à de fréquentes inspections. La CCSN peut retirer un permis d’exploitation à tout moment lorsque les conditions ne sont pas respectées ou pour toute autre raison qui pourrait mettre en danger l’environnement, les travailleurs et la population. À la fin de la vie de la mine, la CCSN surveille la restauration et la réhabilitation des sites. Si toutes les activités sont conformes, un avis est publié par la CCSN. Le site demeurera encore sous surveillance par la suite.

En conclusion
 
Des activités d’exploration jusqu’à la restauration du site, les compagnies minières (compagnies d’exploration et producteurs) doivent respecter les lois et les règlements en vigueur et souscrivent de plus en plus à une démarche bien encadrée plus respectueuse de l’environnement, de la santé et de la sécurité des travailleurs et en accord avec la participation du milieu dans une optique de développement durable et de responsabilisation sociale d’entreprise. Cette démarche comprend des mesures strictes en ce qui touche l’uranium, qui permettent d’assurer la protection des travailleurs et de l’environnement pour les générations futures.
Dès qu’il est question d’extraire du minerai d’uranium, la CCSN est l’organisme de contrôle qui détient l’autorité d’accorder, sous des conditions sévères, un permis d’activités nucléaires, et ce, à la suite de révisions exhaustives du dossier technique, d’études d’impact sur l’environnement et sur le milieu social et de consultations publiques. Tout au long de la vie de la mine et bien après, l’entreprise est soumise au contrôle de la CCSN.

Source : https://www.mern.gouv.qc.ca/mines/quebec-mines/2010-02/uranium.asp

jeudi 16 février 2017

Le Projet Afrique « Extraction minière » prend de l’ampleur un an plus tard

Le Cap, Afrique du Sud, 8 février 2017 (CEA) – Une concertation à Mining Indaba 2017 a fait retentir un fort appui de la part des intervenants des secteurs public et privé pour le Pacte du Projet Afrique « Extraction minière » du secteur privé.
Le Pacte a été lancé lors de l’édition 2016 de Mining Indaba, où il a obtenu un soutien rapide de l’Association de l’industrie minière de l’Afrique australe (MIASA). Le Pacte vise à combler les lacunes existant entre les communautés minières, le secteur privé et les gouvernements. Il se compose d’un ensemble de douze principes conçus pour offrir une meilleure valeur et des avantages à toutes les parties impliquées. Les gouvernements et les sociétés minières sont encouragés à adhérer au Pacte pour eux-mêmes, en utilisant l'une des nombreuses options de gouvernance souple.
La session spéciale d’Indaba a été créée pour faciliter un dialogue ouvert, guidé par les principes du Pacte, entre les gouvernements et le secteur privé afin d’explorer des domaines de consensus et d’éventuelles situations gagnant-gagnant.
Dans ses remarques de bienvenue, Mme Fatima Haram-Acyl, Commissaire au commerce et à  l’industrie de l’Union africaine déclare :
 « La raison d’être de la concertation de cette année repose fermement sur le fait que le moment est venu de parler sérieusement de la nécessité d’identifier des stratégies et des mécanismes pour promouvoir la valeur partagée et partager ainsi les avantages dans ce secteur ».
Tous les 54 pays membres de l’Union africaine ont adopté le Projet Afrique Extraction minière afin de garantir que les activités minières contribuent à la transformation économique et bénéficient à tous les citoyens africains. Cependant, une bonne mise en œuvre repose sur l’adhésion du secteur privé et d’autres acteurs clés en Afrique, tant au niveau régional que national.
L’ancien Président Thabo Mbeki, invité d’honneur de la session spéciale déclare :
« La vision est importante pour le continent et nous avons besoin de la réaliser ».
Le Pacte du Projet Afrique « Extraction minière » du secteur privé encourage la coopération en tirant parti des avantages commerciaux que le secteur privé obtiendra de la mise en œuvre dudit Projet aux niveaux national et régional. Il vise principalement les sociétés minières, y compris le pétrole et le gaz, les Chambres des mines et d’autres associations minières.
Le Ministre des mines du Kenya, Daniel Kazungu Muzee ajoute :
« Notre nouvelle loi sur les mines reprend largement la Vision de l’Afrique en matière d’exploitation minière. Le Projet Afrique « Extraction minière » ouvre la voie à l’utilisation durable des ressources minérales et à la bonne gouvernance. Pour atteindre cette vision, nous devons retourner au secteur privé ».
Comme l’indique Kaijuka Richard, de la Chambre des mines et du pétrole de l’Ouganda, « ce qui sort de nos ressources doit transformer la société et nous avons besoin du secteur privé pour cela ».
Parmi d’autres intervenants, il y avait l’Hon. Daniel Kazungu Muzee, Ministre des mines du Kenya ; l’Hon. Osheak Tahir, Ministre d’État, Ministère des minéraux, République du Soudan ; Kaijuka Richard, Chambre des mines et du pétrole de l’Ouganda et le modérateur Frank Mugyenyi, Conseiller industriel principal de la Commission de l’Union africaine.
L’évènement a été organisé par la Commission de l’Union africaine en partenariat avec la Commission économique pour l’Afrique par l’intermédiaire du Centre africain de développement  minier (CADM).
source:
http://www.uneca.org/fr/stories/le-projet-afrique-%C2%AB-extraction-mini%C3%A8re-%C2%BB-prend-de-l%E2%80%99ampleur-un-plus-tard

MIASA donne son soutien à la vision du régime minier de l’Afrique (AMV)

(Le Cap, Afrique du Sud) - À la veille du conférence ‘Investing in African Mining’ Indaba basé chaque février en le Cap, l’association de l'industrie minière de l'Afrique australe (MIASA) à exprimé son soutien pour l’AMV pacte avec le secteur privé dans sa réunion le 6 février 2016.
Adoptée par les chefs d'État africains en 2009, la vision du régime minier de l’Afrique (AMV) est une initiative continentale avec le but d’utiliser les richesses minérales afin de stimuler la croissance économique et lutter contre la pauvreté. Plus simplement, l'AMV présente un cadre pour l'exploitation des ressources minérales qui est transparente, équitable et optimale pour soutenir un développement socio-économique en Afrique. Au cours du Mining Indaba, la commission de l'union africaine et le centre africain de développement minier a lancé l’AMV pacte avec le secteur privé, afin d’encourager des sociétés minières de participer dans ce processus. Le pacte de l’AMV a été présenté à MIASA au cours d’une réunion en le Cap le dimanche avant le commencement du Mining Indaba.
Au cours de la réunion, il a été décidé qu'une amélioration des politiques minérales serait nécessaire pour des sociétés minières d’aligner avec la vision du régime minier de l’Afrique. Les rôles du MIASA et le chambre des mines dans la réalisation d’un pacte ont également été clarifiées.
Parlant du pacte, la directrice de la département des programmes spéciaux à la commission économique des Nations Unies pour l'Afrique Mme Fatima Denton a dit: « Cette accord entre des états et des sociétés minières représente une transformation prévue par la vision du régime minier de l’Afrique. Cette transformation a besoin de la participation de tous les acteurs du secteur minier. Nous croyons qu'il est une étape importante pour avancer vers une plus grande collaboration et coordination entre les gouvernements africains et le secteur privé dans la réalisation du développement. »
source: 
http://www.uneca.org/fr/stories/miasa-donne-son-soutien-%C3%A0-la-vision-du-r%C3%A9gime-minier-de-l%E2%80%99afrique-amv

jeudi 26 janvier 2017

Bizarre Discoveries in Mines


12 Biggest Mines


Most Amazing Open-pit Mines in The World


Good Practice Guidance on Occupational Health Risk Assessment

ICMM members are committed to ensure their employees' health and wellbeing and our goal to reach Zero Occupational Harm by, among other things, assessing the health risks in the workplace. The first step is to assess the health risks present in a work environment, identifying all potential hazards and designing control measures to protect the health and wellbeing of workers.
 
A Occupational Health Risk Assessment (HRA) is the structured and systematic identification and analysis of workplace hazards to assess their potential risks to health and determine appropriate control measures to protect the health and wellbeing of workers.
 
The HRA process is a partnership between occupational health advisors, occupational / industrial hygiene advisors, managers and operational staff with each - depending on the circumstances - using their knowledge, experience and skills to support the HRA process.
 
HRAs within the mining and metals sector are especially complex because of the breadth and range of the mining lifecycle, this guide tries to address those complexities and offer guidance on how to tackle them.
 
 
 

Is Mining Important?


mercredi 4 janvier 2017

1-in-200 year events

You often read or hear references to the ‘1-in-200 year event’, or ‘200-year event’, or ‘event with a return period of 200 years’. Other popular horizons are 1-in-30 years and 1-in-10,000 years. This term applies to hazards which can occur over a range of magnitudes, like volcanic eruptions, earthquakes, tsunamis, space weather, and various hydro-meteorological hazards like floods, storms, hot or cold spells, and droughts.

 
‘1-in-200 years’ refers to a particular magnitude. In floods this might be represented as a contour on a map, showing an area that is inundated. If this contour is labelled as ‘1-in-200 years’ this means that the current rate of floods at least as large as this is 1/200 /yr, or 0.005 /yr. So if your house is inside the contour, there is currently a 0.005 (0.5%) chance of being flooded in the next year, and a 0.025 (2.5%) chance of being flooded in the next five years. The general definition is this:
 
‘1-in-200 year magnitude is x’ = ‘the current rate for events with magnitude at least x is 1/200 /yr’.
Statisticians and risk communicators strongly deprecate the use of ‘1-in-200’ and its ilk.

First, it gives the impression, wrongly, that the forecast is expected to hold for the next 200 years, but it is not: 0.005 /yr is our assessment of the current rate, and this could change next year, in response to more observations or modelling, or a change in the environment.
Second, even if the rate is unchanged for several hundred years, 200 yr is the not the average waiting time until the next large-magnitude event. It is the mathematical expectation of the waiting time, which is a different thing. The average is better represented by the median, which is 30% lower, i.e. about 140 yr. This difference between the expectation and the median arises because the waiting-time distribution has a strong positive skew, so that lots of short waiting-times are balanced out a few long ones. In 25% of all outcomes, the waiting time is less than 60 yr, and in 10% of outcomes it is less than 20 yr.
So to use ‘1-in-200 year’ in public discourse is very misleading. It gives people the impression that the event will not happen even to their children’s children, but in fact it could easily happen to them. If it does happen to them, people will understandably feel that they have been very misled, and science and policy will suffer reputational loss, which degrades its future effectiveness.
So what to use instead? 'Annual rate of 0.005 /yr' is much less graspable than its reciprocal, '200 yr'. But ‘1-in-200 year’ gives people the misleading impression that they have understood something. As Mark Twain said “It ain't what you don't know that gets you into trouble. It's what you know for sure that just ain't so.” To demystify ‘annual rate of 0.005 /yr’, it can be associated with a much larger probability, such as 0.1 (or 10%). So I suggest ‘event with a 10% chance of happening in the next 20 yr’.

 
by Prof. Jonathan Rougier, Professor of Statistical Science


source : http://cabot-institute.blogspot.com/2017/01/1-in-200-year-events.html